Les Huiles De CBD

Les Huiles De CBD

Les huiles de CBD abondent sur le marché, si bien qu’il est parfois complexe de s’y retrouver. Quelle différence y-a-t-il entre l’huile de chanvre et l’huile de CBD ? Entre une huile à spectre complet ou large et un isolat ? Quels modes de fabrication et d’administration faut-il privilégier ? Comment doser ? Dans cet article, nous allons répondre à toutes ces questions.

Les différents types d’huiles : isolat, huile à spectre complet ou large Il ne faut pas confondre huile de CBD et « huile de chanvre ». La première s’obtient généralement à partir des fleurs de chanvre alors que la deuxième s’obtient par pressage des graines qui ne contiennent pas de cannabinoïdes. Elles recèlent en revanche des acides gras essentiels et des vitamines. La composition d’une huile de CBD dépend de sa fabrication et du spectre (étendue des composants présents dans la plante).

Une huile à spectre complet aura conservé tous les phytocannabinoïdes et terpènes naturellement présents dans la plante, THC compris. Une huile à spectre large également, à ceci près que le THC en est soustrait. C’est une option idéale pour les consommateurs qui ne souhaitent pas consommer de THC mais qui voudraient bénéficier de « l’effet d’entourage ». La synergie des différents composants chimiques de la plante a des effets plus bénéfiques que ses composés pris en isolation[1].

Lorsque la molécule de CBD est isolée du reste des composants, on parle d’isolats. Ils se présentent sous forme de cristaux purs à 99% qui sont ensuite mélangés à des huiles végétales ou à des bases neutres. Dans ce cas, on parle d’huiles « enrichies en CBD ». Les isolats n’ayant pas de goût, ils sont parfois mélangés avec des terpènes (terpsolat). Ni les isolats, ni les terpsolats ne peuvent restituer l’effet d’entourage. De plus, au-delà d’un certain dosage, les récepteurs saturent et les effets de la molécule isolée décroissent.

Dans la plupart des huiles, les cannabinoïdes sont décarboxylés pendant l’extraction ou après. Néanmoins, il existe des huiles à spectre « brut », obtenues par des méthodes d’extraction à basse température, qui contiennent des cannabinoïdes non décarboxylés. Comme dans la plante vivante, ils sont présents sous forme d’acides (THCA, CBDA, CBGA). Ils ont des effets et des vertus spécifiques. A titre d’exemple, le THCA n’est pas psychotrope comme le THC et il a des vertus anti-inflammatoires[2] et neuroprotectrices[3].



Les méthodes d’extraction

La qualité de l’huile dépendra grandement de la méthode d’extraction et de l’expertise du fabricant. Il appartient au consommateur de se renseigner. De façon générale, l’extraction consiste à placer la biomasse dans des solvants (alcool, gaz, huile) qui polarisent les composants désirés. Pour extraire les cannabinoïdes, on peut tout simplement faire infuser le chanvre dans des huiles végétales (huile d’olive ou de coco). Ces huiles auront un temps de conservation court et il est compliqué d’en contrôler le dosage.

L’industrie utilise plutôt la méthode d’extraction par solvants chimiques. Elle fonctionne en deux temps : la biomasse est placée dans un premier solvant (en général de l’éthanol, de l’alcool isopropylique ou du butane) qui est placé dans un autre solvant (huile) encore plus solvant puis évaporé. Le problème de cette méthode est que des résidus de solvant peuvent subsister. Certains composants non désirés peuvent également être extraits (par exemple l’éthanol polarise la chlorophylle qui donne une huile sombre et amère).

Il faut en général purifier l’extrait après l’extraction. Des procédés existent, comme l’hivernage qui consiste à geler l’extrait pour en séparer les composants, mais ils risquent de détruire certains cannabinoïdes et l’huile sera de moins bonne qualité. La méthode d’extraction la plus propre et la plus efficace est l’extraction supercritique au CO². Transformé à l’état liquide grâce à la pression, le CO² agit comme solvant neutre et conserve l’intégrité chimique des molécules. Il en résulte une huile très pure et très concentrée.



Consommer de l’huile de CBD

L’huile de CBD peut se présenter sous différentes formes. Il appartient à chacun de décider de son mode de consommation. En général, l’huile est contenue dans un flacon de 10ml équipé d’un compte-goutte. En administration sublinguale, le CBD est absorbé par les muqueuses et les effets sont quasi immédiats. Placées sur des aliments, les gouttes tarderont environ ½ heure à faire effet. Pour la cuisine, des huiles alimentaires enrichies en CBD existent.

L’huile de CBD peut également se trouver sous forme de capsules souples. Celles-ci n’ont pas de goût et provoquent un effet lent et fort. Certaines huiles sont destinées à une application topique. Enfin, les e-liquides au CBD sont faits à partir d’extraits auxquels on ajoute des composants spécifiques pour la vape. Il ne faut pas vaper de l’huile de CBD.

Beaucoup de facteurs individuels peuvent influer sur la prise de CBD. Il est donc conseillé de commencer par de faibles doses. Le dosage initial recommandé est de à 0,5 mg par jour et par kg, de préférence en 3 fois lors des repas. Pour doser correctement, il faut se rapporter à la concentration en CBD de l’huile : dans une fiole de 10 ml contenant 2% de CBD (200mg), 1 goutte égale 1 mg, pour 4%, 1 goutte égale 2mg, pour 6%, 3mg et ainsi de suite. Il est recommandé de rester sous la limite des 200mg par jour.